31 déc. 2011

FELIZ ANO NUEVO; BONNE ANNEE 2012

Voilà mon séjour nicaraguayen se termine avec la fin de l'an 2011 qui aura été riche en expérience. Pour la nouvelle année, je vous souhaite tout le meilleur et pleins de merveileuses découvertes et aventures, dans le joie, le bonheur et avec une bonne santé.

Pour accompagner ces voeux, vous pourrez lire ici ma lettre de nouvelle qui est disponible online : NEWSLETTER RAPHANICA DEC 2011

Je vous souhaite bonne lecture et au plaisir de vous raconter plus en détails cette expérience lors d'une soirée de retour en février. Pour l'heure, je profite du soleil d'amérique centrale pour découvrir cette belle région du monde.

Hasta luego, saludos!

24 déc. 2011

JOYEUX NOEL

C'est depuis Bluefields et ses ambiances décorées que je vous souhaite à tous d'agréables fêtes de fin d'années et un joyeux Noël.



J'ai pu dire aurevoir à tous mes collègues et amis de Wawashang, Kahka Creek et Bluefields avec plusieurs petites soirées festives très agréables. Oui oui, ils savent bien danser ou boire par ici.

Pour la suite de mon séjour, je termine mon service civil avec quelques jours de vacances ou je profiterai de découvrir la côte pacifique du Nicaragua. Je penserai bien à vous avec les 32° annoncé pour ces prochains jours ;). Je me réjouis de vous revoir l'année prochaine et vous souhaite également une prospère nouvelle année 2012.

14 déc. 2011

L'Express en parle

Aujourd'hui, l'Express publie mon témoignage après presque 6mois de service civil. Retrouvez l'article online (nécessite un compte arcinfo) ou en cliquant sur l'image ci-après.



Dans l'optique de continuer mon appui à ces communautés rurales, nous mettons sur pied avec le coordinateur de la réserve Kahka Creek (Don Miguel), 2-3 petits projets qui nécessitent un appui financier. Si le coeur vous en dit, vous pouvez participer à ces projets que je vous présenterez plus en détail à mon retour lors d'une soirée de présentation. Vous pouvez adresser vos dons à EIRENE Suisse, 1200 GENEVE, CCP 23-5046-2, IBAN : CH93 0900 0000 2300 5046 2, Mention : Raphael au Nicaragua. D'ores et déjà merci pour votre soutien.

Et ici quelques photos de mon expérience de civiliste

9 déc. 2011

Ambiance de Noël sous les tropiques

Vous vous demandez peut-etre comment se passe Noël au Nicaragua!?!

Je ne peux malheureusement pas faire de généralités, car je n'ai pas vu comment cela se passe à la capitale ou à Bluefields où semble-t-il les décorations de Noël fleurissent comme des petits-pains.

Ici à Wawashang, il n'y a ni vitrines, ni gluhwein ni autres décorations qui fait penser à la fin de l'année. Le seul indice c'est l'absence de la centaine d'élèves ainsi que leurs professeur(e)s et le rythme plus tranquille des journées de travail.

J'ai pourtant découvert un petit sapin de Noël posé sur le comptoir d'un bar de Pueblo Nuevo (le village d'à côté où on s'était arrêté pour une petite bière). La musique n'est pas de circonstance, mais les lumières scintillantes vont tout à fait avec le cadre magnifique des couchers de soleil que l'on a quasi chaque soir.

Pour pas être en reste de sapin de Noël, j'ai pris les ciseaux et la colle pour en fabriquer un pour notre casa tecnica... il fallait bien ça!

Pour preuve la petite video ci-dessous


Et voici mon sapin de Noël homemade

1 déc. 2011

Dernier mois de service civil

Aujourd'hui, j'entamme mon dernier moi de service civil, le 6e que je passerai ici à Wawashang.

Après la promotion de la semaine passée, le centre s'est vidé et le calme est bien présent. Je pourrai ces prochains jours terminer les travaux liés à la gestion de l'eau et au lavage de certaines infrastructures et ultimes réparation. Je terminerai aussi la partie des inventaires forestiers à la réserve de Kahka Creek, avant de retourner à Bluefields pour les derniers jours de décembre.

Il me reste encore pas mal à faire, mais nous avons déjà fait le bilan en début de semaine lors d'un voyage administratif à Bluefields (évaluation finale et prolongation de visa). FADCANIC est content de ce type de partenariat et souhaiterait bénéficier d'une autre collaboration technique à Wawashang, avec un nouveau civiliste en 2012. Il y a déjà des candidats ;-)

Je profite de ce message pour vous souhaiter une joyeuses entrée dans l'Avent. J'espère que les fêtes de fin d'années seront belles et heureuses et que les préparatifs se dérouleront au mieux. Ici l'ambiance n'est pas du tout aux décorations de Noël, je vais essayer d'en instaurer quelques unes... ABE

28 nov. 2011

Promotion au CEAA = fin de l’année

Vendredi dernier, c’était la promotion à l’école de Wawashang, el Centro de Education en Agroforesteria y Ambiente (CEAA). Lors de cette journée, une grande fête était organisée pour les 3e années qui terminent leurs études à Wawashang avec l’obtention d’un titre de technicien basique rural en agroforesterie et en environnement.

Les familles (surtout les mamans et les enfants) étaient invitées à venir célébrer de manière conviviale les élèves gradués au centre de Wawashang. Certaines familles ont aussi passé quelques jours au centre pour voir l’environnement dans lequel leur enfant avait passé 3 années.

La grande cérémonie s’est déroulée à la menuiserie que les élèves avaient soigneusement, les jours précédents, nettoyée, rangée et décorée aux couleurs de FADCANIC. Dans la salle ainsi transformée, le directeur Winston Cash attendait jusqu’à 400 personnes. Il était nécessaire d’apporter beaucoup de chaises (même si cela n’a pas suffi). Ce sont les élèves qui ont officié de déménageurs.
La cérémonie devait commencer à 14h, l’entrée des élèves a débuté avec du retard. Nous avons eu droit à un lent et long cortège de plus d’une heure sur une musique en boucle ; chaque étudiant entrant au pas synchronisé avec à son bras sa maman (ou une femme proche) pour les garçons ou son papa (ou un homme proche) pour les filles. Une fois que la quarantaine d’élèves ayant accompli les 3 années de cursus était en place sur l’estrade, les discours, chants et poèmes se sont succéder, avec notamment un important discours du président de FADCANIC et de la représentante de l’ambassade de Norvège qui est un partenaire incontournable pour le CEAA. La mythique remise des titres avec le changement de côté de la frange sur le chapeau carré était un peu chaotique, car les diplômés se marchaient un peu dessus entre la pose photo pour la famille et la poignée de main officielle. Au final, tous ont reçu un beau diplôme et ont pu être félicité par l’assistance lors d’un moment assez émouvant, pas sûr qu’ils se reverront entre eux. Que dire des échanges de mails ou de téléphones lorsque presque aucun moyen de communication n’existe.

Pour clôturer la promotion, une ultime photo de famille a réuni tous les étudiants gradués. Il s’avère que sur les 36 étudiants, 19 proviennent d’une volée de jeunes qui ont passé 3années à étudier tous les jours en internat et les 17 autres sont des adultes des communautés avoisinantes qui ont fait une formation sur 3ans aussi en venant étudier en cours d’emploi tous les mercredis.

La soirée continuait avec un repas servi à l’ensemble des invités, des familles et des étudiants. Le noyau officiel avec les partenaires, les représentants de FADCANIC, l’équipe technique du centre ainsi que les profs du CEAA s’est réunis autour d’une tablée plus que pleine ; des vivres et des boissons en suffisance. Des discussions animées, un excellent repas et pour finir des chansons agréables interprétées par Leonidas, un prof du CEAA.

Le lendemain, la plupart des élèves était partis, les profs ont aussi quitté les lieux le même wknd. Du coup, il ne reste plus que quelques personnes au centre de Wawashang avec un silence et plus aucune animation. C’était une chouette expérience très conviviale que de vivre avec les profs, les élèves, l’équipe technique et les travailleurs de FADCANIC ici à Wawashang.

24 nov. 2011

Après plus de 140 jours, enfin....

Ce jeudi 24 novembre 2011 restera gravé dans mon expérience à Wawashang.

De retour au CAF (le centre de Wawashang où j'habite et travaille) après une journée participative à la réserve de Kahka Creek (plus d'info dans un prochain post), j'ai appris que le technicien de WifiNic qui planchait sur l'antenne depuis hier matin avait enfin terminé avec réussite son boulot.

Et oui, après avoir entendu à maintes reprises depuis mon arrivée à Wawashang début juillet que la connexion Internet serait rétablie le prochain mercredi (sans connaitre de quelle semaine), cela s'est enfin réalisé. Cela faisait plus de 6 mois que l'antenne satellite était hors d'usage. Après semble-t-il des tracas à la douane et autre problèmes administratifs, le matériel de réparation est finalement arrivé mercredi (hier) à Wawashang. La réparation et le changement des pièces n'aura pas duré aussi longtemps que l'obtention d'une nouvelle licence (autorisation) d'utilisation du satellite mexicain, loué par l'entreprise WifiNic.

Tout le monde ici est soulagé d'être enfin de nouveau connecté avec le monde et pouvoir échanger des mails pour l'organisation du travail (moi le premier ;-) ). La réparation de cette antenne ne change toutefois pas le problème de communication par téléphone puisque l'antenne de téléphonie mobile la plus proche se trouve à plus de 15km et le signal est très faible, changeant et pas bien réparti ici à Wawashang.




14 nov. 2011

La tradition culinaire nicaraguayenne.

Dans ses plats les plus traditionnels, le Nicaragua compte avec le gallo pinto et sa légendaire bière, la Toña. Voici un petit survole de ces traditions.

Le Gallo Pinto qui se prononce [gaio pinto] est un plat typique et indémodable au Nicaragua, mais également dans toute l’Amérique latine ("Pinto" au Costa Rica, "Casamiento" au Salvador, "Congri" à Cuba, Puerto Rico et en République Dominicaine, "Tacu Tacu" au Pérou et "Calentado paisa" en Colombie, notamment). Il se prépare de différente manière dans ces différents pays mais les ingrédients de base sont toujours du riz et des haricots rouges (frijoles en espagnol) que l’on mélange ensemble. Ces deux aliments restent les aliments de base de tout plat ici au Nicaragua (cf. article sur la cuisine à Wawashang).

Son origine est inconnue, mais le gallo pinto a joué un rôle important dans nombreuses cultures latino-américaines. Evidemment, les nicaraguayens réclament sa création et disent que le costaricains leur ont volé le mythe. De nombreuses légendes ont été écrite à ce sujet, dont celle-ci-après : En 1930 à San Sebastián (banlieue de San José au Costa Rica), Don Barnabé un agriculteur invita plein de gens à célébrer le jour de San Sebastián. Il annonça qu’il allait tuer son coq (gallo) tacheté (manchado ou pinto) engraissé depuis des mois. Tellement de personnes répondirent présentes qu’il n’y eu pas assez de viande pour tout le monde. Les cuisinières trouvèrent une solution d’urgence en faisant un mélange de riz et de frijoles pour, au moins, servir quelque chose aux invités. Les jours suivants, les invités lésés, pour se moquer de la famille hôte, se demandaient mutuellement s’ils avaient essayé le « Gallo Pinto » de Don Barnabé ?, en pensant aux seuls riz et haricots qui furent servis. Ainsi le mélange de riz et de frijoles commença à s’appeler « Gallo Pinto ».



L’histoire ne raconte pas ce que burent les invités de Don Barnabé, mais les nicaraguayens sont de réels fans de deux boissons, la bière et le rhum, parlons ici du premier breuvage.

L’histoire de la bière nicaraguayenne débute en 1926, lorsqu’au marché oriental de Managua une famille commença à fabriquer la bière « Xolotlan », du nom du lac de Managua. Dès le début, cette bière rencontra un succès fou. En 1945, son nom fut changé en « Victoria » en l’honneur du triomphe des alliés de la 2e guerre mondiale. En 1977, la famille Pellas commença à son tour à fabriquer une bière savoureuse, la Toña. Aujourd’hui c’est la bière la plus vendue et la plus populaire du Nicaragua. La consommation annuelle par nicaraguayen est de 17.3 litres. En 1994, les deux familles se mirent ensemble pour former une des entreprises actuellement les plus prospères du pays, la Compañia Cervecera de Nicaragua (l’association de brasserie du Nicaragua).

7 nov. 2011

Elections 2011

Et voilà, les présidentielles 2011, ça c’est fait ! Les résultats provisoires annoncent Daniel Ortega vainqueur avec plus de 65% des suffrages, le second Fabio Gadea ferait un score de 25%. Les sondages d’avant scrutin avait prédit une telle victoire. A Daniel Ortega de montrer ces 4 prochaines années que son programme annoncé pendant la campagne électorale sera mené à bien.

Mais revenons un peu sur l’expérience d’un scrutin à Wawashang, comme je le mentionnais dans mon précédent article sur les élections.

Dimanche 6 novembre 2011, le bureau de vote de Pueblo Nuevo et de toute la région se trouvait à l’école Bello Amanecer. Il a ouvert à 6h le matin et cela jusqu’à 18h le soir. Il était tenu par les délégués du conseil suprême électoral (CSE) en provenance de Laguna de Perlas, chef-lieu de la municipalité. Des observateurs des différents partis étaient également présents pour vérifier que le scrutin se passe sans disfonctionnements. A Pueblo Nuevo, trois salles de classe avaient été ouvertes pour l’occasion. De ce que j’ai compris d’un délégué du CSE, c’est pour aller plus rapidement. Ça n’a pas empêché les longues files d’attente sous le chaud soleil du Nicaragua.

Pour ma part, j’ai rejoint l’école à 9h. Au portail d’entrée, trois policiers faisaient le tri. Ne pouvait entrer que les gens muni d’une carte de vote. En fait, il s’agit ici de leur cedula qui contient leur numéro d’identité (un peu comme notre numéro AVS) et qui sert de papier d’identité pour tout. Chaque électeur devant aller faire valider sa cedula deux semaines avant la votation afin que le CSE puisse faire les vérifications nécessaires (En aparté, pour recevoir sa cedula, un nicaraguayen doit se rendre dans un chef-lieu d’une municipalité. Il y en a 3 à « proximité de Pueblo Nuevo, tous situé à plus d’une heure de panga. Pas évident donc pour des communautés rurales de trouver le temps et l’argent pour obtenir son papier d’identité qui parfois fait jusqu’à 6mois pour être délivré. De ce que j’ai entendu, il semblerait que 30% de la population dans la région de Wawashang n’a pas sa cedula). Pour ma part, je suis resté à l’entrée de l’école appuyé sur une barrière à observer la procession calme des électeurs. A cause de certaines lois nicaraguayennes qui interdisent de boire de l’alcool, de porter une arme ou de faire du bruit pendant la période de vote (durant 72h depuis le coucher du soleil avant le jour du vote) l’ambiance était sereine. Cela faisait bizarre, car normalement avec la quantité de gens qui était présent dans le village, il y a toujours du bruit ou de la musique. Ce jour-là, l’animation était silencieuse.

Après avoir attendu et vu le défilement des gens, je ne voulais pas rentrer bredouille. J’ai donc demandé au policier si je pouvais entrer et observer ce qui se passait. M’ayant interrogé sur mon appartenance politique, j’ai reçu l’autorisation d’entrer (waouh, quelle surprise). Sans mentir, j’ai répondu que j’étais là pour comprendre le fonctionnement du scrutin et que j’étais sous aucune influence de quelconque parti.

Je me suis donc approché des délégués du CSE et des observateurs de partis pour me renseigner d’avantage sur le déroulement de vote. A l’entrée des trois salles de classes, il y avait des listes affichées pour dire dans quelle salle de vote aller remplir son bulletin. Il n’était pas toujours évident de s’approcher de ces listes et certains nicas demandaient l’aide de délégués du CSE pour connaître quelle file rejoindre. Une fois cela réussi, il faut attendre son tour de vote. Pour se protéger du soleil matinal quelques parapluies avaient fleuris les files d’attente. Une fois sur le palier de la salle de vote et ayant reçu l’invitation du délégué CSE, l’électeur entre dans la salle de classe spécialement aménagée pour l’élection. Il se dirige vers le bureau du délégué qui lui prend sa cedula, reçoit son bulletin de vote et les explications qui vont avec. Il s’en va ensuite derrière un carton estampillé : « CSE ; Fortaleciendo la Democracia » pour mettre ses 4 croix.

Après coup, il se dirige vers l’urne de vote, là aussi un carton du CSE. Puis retourne au bureau où on lui redonne sa cedula après l’avoir biffé de la liste de vote. Pour éviter toute fraude, le pouce droit de chaque votant est marqué à l’encre indélébile. L’électeur sort ainsi du bureau de vote avec un petit papier sur son doigt et la fierté du devoir accompli.

J’ai profité d’être dans l’arène pendant une heure pour discuter sur le nombre de fois que les gens allaient voter (à priori une fois chaque 4ans, comparé à nos 2-3fois par an c’est le fossé), sur leur manière de s’habiller comme un dimanche, sur la distance entre leur maison et ce bureau de vote et sur leur espérance du résultat. Tout cela était bien captivant et enrichissant, mais je ne suis pas sûr que le poids des quelques 1’000 votants de Pueblo Nuevo ait pesé lourd dans la balance ortegane.

3 nov. 2011

4 mois de service civil au Nicaragua

Pour relater un peu plus mes activités et quelques anecdotes de mon service civil, le courrier neuchâtelois du mercredi 2 novembre publie un article sur mon expérience. En voici l’extrait.

31 oct. 2011

Moins d’une semaine avant la présidentielle

Tous les cinq ans au Nicaragua, un nouveau gouvernement est élu. 2011 étant une année électorale, le 6 novembre prochain, le peuple se rendra aux urnes pour élire son nouveau gouvernement. Il entrera en fonction début janvier 2012.

Malgré la complexité de ces élections nationales (élection du président, du vice-président, des députés départementaux, des députés nationaux et des députés au parlement centre-américain), chaque votant devra inscrire seulement 4 croix dans son unique bulletin de vote (grande nouveauté de rationalisation). En effet, 5 partis sont en lice avec les 5 candidats à la présidence :
• PLC : Parti Libéral Constitutionnel – candidat : Arnoldo Alemán (ancien président)
• FSLN : Front Sandiniste de Libération National – candidat : Daniel Ortega (actuel président)
• ALN : Alliance Libérale Nicaraguayenne – candidat : Enrique Quiñonez
• APRE : Alliance Pour la REpublique – candidat : Róger Guevara
• PLI : Parti Libéral Indépendant) – candidat : Fabio Gadea

Chaque parti a désigné son candidat à la présidence et à la vice-présidence ainsi que les différents députés. Sur l’unique bulletin de vote, on trouve donc 5 colonnes avec les 4 cases indiquant les candidats de chaque parti.

La campagne électorale a commencé depuis le début de l’année, mais elle s’est intensifiée au cours du dernier mois. La course n’est pas égale pour tous, car les moyens à disposition sont tellement différents. L’actuel président surfe sur la vague des réformes de son mandat actuel (notamment l’éducation pour tous, la santé pour tous, la propriété foncière pour tous,…) avec le slogan « Tous ensemble et pour le bien de tous, Continuons le changement du Nicaragua ». Son principal adversaire et ancien président emmène l’opposition dans un combat qui semble perdu d’avance et qui axe son argumentation sur les promesses non tenues et sur ce qui n’a pas été (bien) réalisé.

Dans l’ensemble du pays, les couleurs des différents partis sont venus décorer les maisons, les arrêts de bus et les poteaux électriques. Des affichettes ont été placardées partout. Dans certaines agglomérations c’est la jungle des messages présidentiels et la lutte des derniers instants. Dans d’autre comme à Pueblo Nuevo, on est loin du chaos, c’est tout juste si l’événement est discuté au coin d’un bar.

Pourtant le processus est gigantesque et jamais une élection n’aura mobilisé autant de monde ni de moyens (des meetings accueillant jusqu’à 50'000 personnes ont été organisés par les candidats, des publicités passent régulièrement sur les ondes, des t-shirts ont été distribué et un nombre impressionnant de messages sont affichés dans les rues). A Managua, il est prévu d’installer le centre électoral dans le principal stade de baseball.

Avant le scrutin, chaque électeur doit se rendre dans son lieu de résidence et s’inscrire sur les listes électorales pour le Jour J. Autrement, il n’est pas possible de voter. Là il faut pensez à cette importante tranche de la population qui vit dans des communautés éloignées (parfois à plus de 3h de marche d’un centre), comme les professeurs ou les collaborateurs du centre de Wawashang. Allez leur dire de faire deux fois le trajet aller-retour (en imaginant ce que cela peut couter) pour un bulletin de vote qui n’aura probablement aucune influence sur le résultat.
Lien
J’essayerai de suivre ces élections depuis le centre de vote de Pueblo Nuevo et de vous donner quelques impressions la semaine prochaine, pour autant que l’on autorise ma présence et celle de mon appareil photo.


Vous trouverez plus d’informations sur les élections en consultant le site apolitique nicaraguayen http://www.conexiones.com.ni/elecciones (en espagnol) et en lisant les articles du blog de Cédric Reichenbach http://nicaragua-2012.tumblr.com (en français) coopérant d’EIRENE Suisse qui suit en tant que journaliste ces élections pour les relayer en Suisse.

25 oct. 2011

Rina ne s'en prendra pas au Nicaragua

La zone de dépression présente fin de semaine dernière au large des côtes nicaraguayennes s'est finalement déplacée plus au nord et n'affectera que faiblement les communautés de la zone caraibe du Nicaragua. Des pluies sont attendues.

Toutefois, cette dépression s'est convertie dimanche dernier en ouragan, le 18e dans la zone atlantique depuis le début de la saison. Rina continue de se renforcer (ouragan majeur selon le NHC) et est actuellement de niveau 2 sur l'echelle Saffir-Simpson (max 5). Le centre de l'ouragan est caractérisé par des vents de plus de 160km/h. Il se dirige en direction de la péninsule du Yucatan au Mexique qu'il devrait atteindre d'ici jeudi selon les prévisions du centre de Miami.

Pour l'Amérique Centrale, la saison des ouragans n'est pas terminée et la menace pas encore écartée. Pour preuve, une zone de basse pression est actuellement en chemin au nord du Vénézuela. Elle possède 30% de chance de se transformer en tempête tropicale et continue de s'agrandir. N'hésitez pas à suivre son évolution sur le site du NHC.

22 oct. 2011

Les éléments s'acharnent...

Après presque deux semaines d'intenses pluies dans le nord du pays et sur la côte Pacifique, c'est au tour de la côte atlantique de voir s'approcher un potentiel ouragan.

Les pluies abondantes commencées avant le 10 octobre, provoqués par une dépression dans l'Océan Pacifique ont causé d'importants dégâts dans le nord du pays et la région pacifique. Les départements d'Esteli, de Chinandega, de León et de Managua ont été particulièrement touché. Jusqu'à aujourd'hui 17 personnes ont trouvé la mort et environ 150'000 personnes sont affectées par les inondations et déplacés dans des centres d'accueil provisoires (écoles, salles communales,...), lorsque cela était possible.
Le président Daniel Ortega a décrété "l'état de désastre national". L'ensemble du pays est en état d'alerte jaune et les sites les plus touchés sont en rouge. Les risques principaux sont des glissements de terrain dans les régions montagneuses et des inondations à proximité des lacs, rivières et lagunes. Des cas de maladies liés à l'eau insalubre et l'absence de systèmes sanitaires appropriés ont été relevés dans les communautés les plus pauvres.



Alors que les pluies diminuent, un autre phénomène naturel s'approche des côtes caraïbes. Une basse pression située actuellement à 300km de Bluefields risque de se convertir en tempête tropicales ou cyclone ses prochaines 48 heures. Le centre national des ouragans des Etats Unis, basé à Miami (www.nhc.noaa.gov) annonce que selon les modèles météorologique, le système actuel a 60% de chance de se transformer en dépression tropicale.
Cette tempête s'appellerait alors Rina et deviendrait la 18 de la saison des ouragans dans la région atlantique et la première a touché le Nicaragua cette année. L'information circule que cette tempête pourrait être de la même violence que Joan en 1988 qui causa plus de 100 morts dans la région de Bluefields.

Suivez le développement sur le site du NHC

3 oct. 2011

On sème à Kahka Creek

A l'occasion de mon passage à Kahka Creek, nous avons fait faux bond aux inventaires le temps d'une matinée pour semer des graines dans la pépinière de la réserve.

En effet, le rôle de la réserve de Kahka Creek est la promotion et la protection d'un écosystème naturel menacé (la forêt tropicale humide), mais également sa restauration et sa protection. Dans ce contexte-là l'équipe technique prépare des plantations à différents endroits dans la réserve avec des espèces particulièrement intéressantes au niveau de la production de bois. On parle ainsi de Palo de Agua, Cedro Macho, Pino Montero, Caoba, Santa Maria, Almendro, Madroño, tous des noms bizarres et des espèces inconnues dans nos forêts européennes.

Il est impensable d'acheter des plants d'arbres pour réaliser les plantations au sein de la réserve (en général d'une surface supérieure à 1 hectare). Ainsi, il y a au cœur de la réserve une pépinière où grandissent les arbres.

Avec Miguelito, nous avons profité d'un arrivage de graines pour les mettre en terre. Nous avons ainsi semé 70 graines de Caoba avec l'aide de Tito et Efraïn. Les sacs en plastiques qui accueillent les graines ont déjà été mis en place depuis un moment. Avant d'y planter les graines, il faut ramollir la terre en l'arrosant et en l'aérant, ce que sait faire Miguelito à merveille :-) Après un premier tri des graines déjà germées, nous les avons posées délicatement avec la racine dans la terre. Cette espèce d'arbres n'a pas besoin de beaucoup de soleil pour pousser. Ainsi Tito nous a préparé une petite cabane à semis en 10minutes, facile de faire ça dans la forêt tropicale avec
quelques immenses feuilles de palmiers pour fabriquer le toit.

La pépinière fournit également des plants d'arbres pour alimenter la forêt de l'amitié où les visites de la réserve peuvent planter leur arbre. Au vu du grand nombre de visite, un deuxième endroit pour ces « arbres de l'amitié » a été créé. En moyenne, une centaine d'arbres sont plantés chaque année.

Une semaine après, je suis retourné voir à quoi en était la germination des plants. Ils ont déjà bien grandis. D'ici quelques mois, ces arbres pourront être plantés quelques part dans la réserve, soit pour alimenter une plantation déjà existante ou pour entrer dans un nouveau projet de plantation.

30 sept. 2011

Mi-séjour, quelques nouvelles à diffuser

Ma lettre de nouvelles pour la moitié de mon séjour est dorénavant disponible en ligne. N'hésitez pas à l'imprimez et la diffuser à vos connaissances, histoire de faire fonctionner l'échange nord-sud ;-)

Ici la NEWSLETTER

Je suis content de pouvoir partager avec vous ces expériences et j'espère que vous trouverez du plaisir à les lire et ainsi apprendre un peu plus sur le Nicaragua et la culture centre-américaine. Je vais profiter du mois d'octobre pour découvrir un peu plus le reste du pays avec quelques jours de vacances et de dépaysement. ABE

25 sept. 2011

Travail communautaire

J'ai passé la fin de cette semaine à Kahka Creek afin de poursuivre les inventaires forestiers. Mais comme ici le programme peut toujours subir des changements de dernière minute, j'ai eu le privilège de donner un coup de main pour un travail communautaire.

En effet, autour de Pueblo Nuevo, plusieurs hameaux sont regroupés en communauté, notamment la bourgade de Punta Fusil un peu plus au nord de la réserve. Régulièrement et sous la direction de Don Nieve, ancien commandant chez les contras (l'opposition au mouvement sandiniste), la communauté se retrouve pour améliorer ça-et-là quelques éléments utiles à tous.

L'équipe de la réserve de Kahka Creek (Don Miguel en tête), joue un rôle important au sein de cette communauté. En effet, bien que n'appartenant à aucun groupe, la réserve de Kahka Creek peut mettre à disposition de la communauté d'importantes ressources inaccessibles financièrement pour les bénéficiaires (tronçonneuse, essence, ciment,…). La communauté quant à elle apporte essentiellement sa main d'oeuvre. Ainsi Don Miguel participe avec Don Nieve à quasi toutes les réalisations collectives.

La plupart des ponts qui relient Pueblo Nuevo à Punta Fusil ont été réalisé par la communauté, l'entretien du chemin également. Ce jour-là, nous avons amassé des pierres afin de les utiliser pour créer un trottoir sur une partie du chemin à la sortie de Pueblo Nuevo qui est toujours gorgé d'eau.

Avec Don Miguel, Don Tito et Efraïn, nous avons mis à disposition nos bras et le vaillant âne de Kahka Creek pour le transport des pierres. Les autres sont venus petit-à-petit apporter leur soutien, avec un cheval pour le transport des pierres ou des bras… Au total, nous étions une quinzaine à travailler avec 3 chevaux et 1 âne pour le transport des pierres. Le chargement des pierres et les agréables pauses s'alternent au rythme des « ordres du commandant Nieve ». Lui,
c'est un illustre personnage de la communauté avec ses antécédents guérilleros, ses 19 enfants et ses deux femmes partageant la même maison.

Le chemin toujours gorgé d'eau n'est vraiment pas praticable à pied. Ainsi un trottoir sera construit et les flaques d'eau seront comblées (enfin normalement). Cela permettra d'améliorer l'accès du chemin à l'ensemble de la communauté.

Je me réjouis de voir une fois que la construction sera terminée. Je redonnerai des nouvelles du chemin.

16 sept. 2011

Independancia

Le 14 et le 15 septembre sont jours fériés au Nicaragua. En effet, il s'agit de deux jours d'indépendance.

Commençons avec un peu d'Histoire…
Après plus de 300 ans depuis l'arrivée de Christophe Colomb (1502), le 15 septembre 1821, le Nicaragua signe un acte d'indépendance avec l'Espagne qui gouverne sur quasi l'ensemble de l'Amérique Latine. Le Nicaragua devient donc indépendant et rejoint la nouvelle Fédération
d'Amérique Centrale. Malgré cela, la position stratégique du Nicaragua attire les convoitises des américains et des britanniques qui prévoient de construire un canal navigable entre les deux océans.
A l'intérieur du pays, les libéraux et les conservateurs se disputent le pouvoir. En 1855, Les libéraux de Léon demandent l'aide de William Walker (USA) pour attaquer les conservateurs de Granada. Cet américain conquérant qui aura 2ans auparavant tenté un coup d'état au Mexique,
fait tomber Granada avec 56 partisans. Pris au jeu, Walker s'autoproclame président du Nicaragua. II annonce son intention de contrôler l'ensemble de l'Amérique Centrale en envahissant le Costa Rica. Les Etats de la Fédération d'Amérique Centrale s'unissent pour
couper court aux projets de Walker. En 1856, le 14 septembre, en perdant la bataille de San Jacinto, Walker perd son pouvoir. Les conservateurs installeront leur nouveau gouvernement à Managua.

Dans ce contexte, chaque année, les 14 et 15 septembre sont célébrés de manière très traditionnelle par des défilés.

Cette année à Wawashang, la centaine d'élèves n'a pas échappé à cette tradition. Après quelques répétitions en début de semaine au stade de baseball, tout le monde était fin prêt mercredi matin, le 14, à 7h30 au débarcadère du centre. Il aura fallu 3 voyages en bateau pour amener tout ce petit monde (y compris professeurs) à Pueblo Nuevo.
Vers 9h, le directeur de l'école, le Professeur Winston Cash, annonçait le regroupement de ses élèves. Les trois volées se sont regroupées en quatre groupes : les 3e années devant, puis les filles, les 2e années et les 1ère année. Alignés deux par deux, la procession jusqu'au terrain de sport pouvait avoir lieu. Tous marchaient synchrones, d'un pas décidé et ferme qui donnait le rythme.

C'était le grand jour également pour les quelques 150 élèves des pré-scolaires, primaires et secondaires de Pueblo Nuevo qui auront répétés depuis le début du mois d'août. Le long et lent serpent des élèves regroupé également deux par deux selon les classes avançait aux battements de la demi-douzaine de tambours, c'était impressionnant.

Comme dans un cortège digne de ce nom, Pueblo Nuevo dispose donc d'un groupe de musique et d'une douzaine de danseuses. Arrivés tous sur le terrain de sport qui officie en temps normal comme terrain de baseball, les élèves se sont placés, en groupe, face à l'estrade officielle. Sur celle-ci se succéda tout au long de la matinée des discours des représentants des écoles, du ministère de l'éducation et des autorités locales. Les élèves ont aussi eu droit à la parole en récitant par cœur l'un ou l'autre célèbre poème ou même en entonnant des chansons.

Le beau temps était de la partie pour la joie des organisateurs, mais pas celle des étudiants qui cuisaient au soleil. Heureusement des nuages sont venus offrir parfois quelques secondes d'ombre aux fronts dégoulinants. Des poches d'eau et autres boissons circulaient également dans les rangs.

Après la partie officielle, le spectacle a pu enfin commencer. Le Centro de Education Ambiental et Agroforestal (CEAA) de Wawashang a proposé une jolie chorégraphie qui annoançait le départ du cortège. Tous les élèves se sont alors mis en rang par deux et ont défilés dans l'étroit village. Le parcours, bien que simple (place de sport, débarcadère 1, débarcadère 2 et retour à la place de sport) laissait entrevoir quelques embouteillages inévitables lors des croisements. Le groupe de musique donnait le rythme aux sons de leurs caisses claires et de la grosse caisse. Les spectateurs essayaient de suivre la procession en marchant et en changeant de point d'observation à côté des élèves. Comme si tout le village était en mouvement.

Le retour à la place de sport devait annoncer la fin du défilé, pourtant les cheersleaders ont encore offert aux spectateurs une prestation sans fin. Les pauvres, elles transpiraient énormément et le groupe de musique qui leur donnait le rythme n'a pas voulu s'arrêter…

Finalement, il n'y a pas eu de feux d'artifices, ni de stands ou de soupe au chou (ah les traditions !) mais l'ambiance était joviale et surtout c'était un jour férié. Le lendemain, aucune cérémonie officielle n'était prévue à Pueblo Nuevo ou Wawashang. Dans les autres grandes villes du pays c'est la fête pendant 2 jours. Ici ce fût un deuxième jour férié…