12 sept. 2011

Le coin culinaire de Wawashang

J'ai parfois parlé dans mes précédents posts de la nourriture nicaraguayenne et celle que l'on peut manger ici à Wawashang. J'en profite aujourd'hui pour écrire un article sur le point de rassemblement (trois fois par jour) de tous les étudiants, professeurs, techniciens et travailleurs du centre d'éducation et d'agroforesterie.

Le comedor (salle à manger) ne peut pas accueillir tout le monde, mais les repas sont servis entre 7h et 8h pour le déjeuner, entre 12h et 13h pour le diner et entre 17h et 18h pour le souper. Il y a un tournus et tout le monde peut ainsi manger. Le matin et le soir, les travailleurs et techniciens ne mangent pas forcément au comedor.

La cuisine de Wawashang, c'est ça !



Actuellement, la cuisine est tenue par Asusana avec Elena et Carmen pour l'appuyer. Elles préparent la cuisine pour 150 personnes. C'est dire que les 15kg de riz et 15kg d'haricots rouges (frijoles) cuisinés trois fois par jours demandent un travail considérable. Ces aliments de base servis à chaque repas sont accompagnés en fonction de l'arrivage : bananes frites, légumes, pommes-de-terre, poulet, porc, crevettes, fromage ou même spaghettis enrichissent les assiettes.

Malgré la variété des aliments énumérés, les repas restent principalement les mêmes. Les produits viennent avec la panga commerciale une ou deux fois par semaine. Les haricots et les bananes sont normalement produits à Wawashang.

Avant de cuisiner les frijoles récoltés sur le site de Wawashang, il faut les trier pour sortir les beans pas mûrs ou les petites pierres. Ce travail titanesque prend beaucoup de temps et plusieurs personnes s'attèlent à cette tâche quasi tous les jours.

Le riz provient des rizières du centre du pays. Quelques cultures se trouvent dans la région, mais la consommation du centre de Wawashang est telle que la production locale ne suffirait pas. Cet aliment n'est pas cultivé au centre, car il demande un entretien important et surtout une disponibilité en eau qui ne se trouve pas ici. L'eau consommée à Wawashang est pompée d'un puits. Il serait disproportionné de l'utilisée pour des rizières.

Parfois, la cuisine prépare pour accompagner les plats et le fromage du pain. La recette de la pâte est simple : de la farine, de l'eau avec du lait en poudre, de la margarine, de la levure et du sel et du sucre. Les moules permettent de faire des boules de pain qui vont lever pendant la cuisson. L'autre jour, j'ai essayé de leur apprendre à tresser. C'était bien drôle, même si cette pâte à pain n'a pas le goût de la tresse au beurre.

6 sept. 2011

4jours au Rio San Juan

J'ai pu profiter de 4 jours dans le département du Rio San Juan (au sud du pays) qui marque le frontière naturelle avec le Costa Rica, bien que le Rio soit entièrement Nicaraguayen. Aux abords du fleuve la nature est abondante et variée. J'ai effectué le trajet jusqu'à San Carlos principalement pour renouveler mon visa en passant la frontière à Los Chiles. Mais j'ai également pu découvrir de merveilleux endroits, plus de détails ci-dessous.

Visa au Costa Rica

Après presque 3mois au Nicaragua, il était temps de renouveler mon visa touristique pour continuer à travailler au sein de FADCANIC sans encombres administratives.
Depuis Bluefields, c'est une aventure pour atteindre San Carlos qui se situe au bord du Lac Nicaragua et de l'embouchure du Rio San Juan : 2h de panga jusqu'à Rama, puis 5h de bus pour Juigalpa et finalement 4h de bus jusqu'à San Carlos. Jusqu'à Juigalpa, c'est très vallonné et ça ressemble aux montagnes russes. La deuxième partie du voyage en bus emprunte une route en construction par endroit, ce qui rends certains passages assez cocasses, notamment quand le pont est en construction. Avec les bus « ordinario », le voyage est rythmé par les montées et descentes des passagers, parfois bondé le bus peut se retrouvé vide en peu de temps.
A San Carlos, les bureaux récents de l'immigration sont au bord du lac. Une fois les formalités remplies, il faut embarquer dans un bateau qui effectue le passage par le Rio Frio jusqu'à Los Chiles. Le voyage dure 1h30 et permet de savourer une grande variété de faune et flore. Débarqués au Costa Rica, les douaniers procèdent au contrôle des bagages de tous les passagers alignés dans le premier hangar. Un peu plus loin, le paiement de la taxe de la zone portuaire se fait à un guichet sans cachet. En remontant la rue et sans grande indication, les agréables douaniers du bureau de l'immigration du Costa Rica tamponnent les passeports. J'ai reçu, sans problème, mon stampf de sortie 1h plus tard, idéal pour reprendre le bateau suivant pour retourner au Nicaragua. Je profite tout de même d'une courte visite de Los Chiles pour pouvoir dire aujourd'hui que je suis déjà allé au Costa Rica ;-)




Visite de San Carlos et sa région

Après l'escapade costa-ricaine, je profite de la belle région de San Carlos pour visiter le Rio San Juan. Le bateau matinal « rapide » nous emmène jusqu'à El Castillo en 1h30. Ce village situé à mi-distance entre le lac Nicaragua et la mer Caraïbe est un point stratégique dans la route marchande de l'époque. Une forteresse y a été construite en 1675 pour surveiller le fleuve et résister les pirates malintentionnés. Malgré les attaques, l'imposante citadelle a tenu le choc. Aujourd'hui transformé en musée et en bibliothèque, elle trône toujours sur le Rio San Juan et El Castillo. Un peu plus en amont, la communauté de Sabalo s'est considérablement développée après la 2e guerre mondiale. En mal de ressources, les Etats-Unis encourageaient la production d'aliments. Des familles entières sont venues dans la réserve naturelle de l'Indio Maïz, la plus grande du pays, pour cultiver des terres a priori hostile à la culture de par sa végétation abondante. Aujourd'hui des programmes d'aide au développement européens permettent la production de cacao et l'écotourisme est en plein essor. De splendides et confortables lodges bordent le rio et proposent en plus de leur cadre idyllique, des visites de la végétation et de la faune dans la forêt tropicale ainsi que des tours en kayak. Naviguer sur ce rio c'est vraiment comme se balader dans un musée vivant avec les cris des singes, les parades de nombreux différents oiseaux, tortues, papillons tout cela dans une végétation luxuriante. Cela vaut bien le détour.
L'agréable ville de San Carlos est un point stratégique commercial et touristique. Elle se trouve au carrefour de la voie navigable entre Granada et San Juan de Nicaragua et le deuxième poste frontière reconnu avec le Costa Rica. Bon nombre de touristes emprunte ce passage-là qui est clairement plus agréable que celui sur la côte Pacifique. C'est également le point de départ pour visiter le magnifique archipel des Iles Solentianes que je n'ai pas eu l'occasion de voir. Une importante production d'artisanat en bois est fabriquée sur ces îles.



Maintenant, je retourne à Wawashang pour le reste du mois de septembre.

1 sept. 2011

Raphanica de nouveau en images

Après quelques soucis pour voir les images, les diaporamas sont de nouveau visibles directement depuis le blog. En voici la preuve avec quelques images des premiers défilés des préscolaires pour ce mois de septembre qui rime avec fête de l'indépendance et défilés.



Désolé pour ce petit problème et merci à ceux qui me l'ont fait remarquer. A très bientôt

26 août 2011

8 semaines, lu dans LHI

Après un article annoncant mon projet en juin, LHI relate les 8 premières semaines de mon service civil. Bonne lecture ;-)

[cliquez sur l'image pour lire]

23 août 2011

Comme des gouttes de vapeur d'eau

Après avoir installé un nouveau réservoir utilisé pour la production d'eau de boisson en bouteilles, l'amélioration du système de micro-irrigation a été mon second projet concret à Wawashang.

Le centre d'agroforesterie de Wawashang a pour mission de préserver les ressources naturelles de manière durable. Pour ce faire, deux pépinières existent dans lesquelles de jeunes plants sont mis en culture pour être plantées dans les parcelles du centre ou vendues à d'autres exploitations. Une condition essentielle au bon fonctionnement de ces pépinières est la disponibilité en eau pour l'irrigation des parcelles et des pousses d'arbres. Chacune d'elles se trouvent à proximité d'un point d'eau qui possède sa propre génératrice et une pompe.

A la pépinière 1, un système de micro-irrigation a été installé en plus de quatre blocs d'irrigation par asperseurs standards. Ces micro-asperseurs permettent de nébuliser l'eau et ainsi faire germer les graines dans le germinateur qui seront ensuite utilisées dans la pépinière. Malheureusement depuis quelques temps, le système est en panne. Pour améliorer et le remettre en fonction, il faut installer un plus grand réservoir et aussi remettre un système de captage d'énergie solaire pour faire fonctionner la pompe des micros-asperseurs.

Mon travail a consisté à organiser et réaliser la construction d'une conduite d'eau pour l'alimentation du nouveau réservoir. Deux jours ont été nécessaires pour faire les tranchées, construire la conduite et reboucher le tout sur environ 100m et sans machine. Le troisième jour a servi à renforcer le support existant pour résister au poids du nouveau réservoir plein (1'200 litres = 1,2 tonne) et à assembler toute la tuyauterie (tubes, vannes, coudes, pompe).

Différentes personnes du centre ont participé à ces travaux, notamment les travailleurs de la pépinière 1, le chef de l'atelier du centre (Herman qui sait tout faire) et l'ingénieur responsable de l'équipe technique du centre (Don Reynaldo). C'était très intéressant et enrichissant de travailler avec eux. Au final, le système de micro-irrigation avec ses micro-asperseurs à vapeur d'eau fonctionne de nouveau.

Les images ci-dessous illustrent les étapes de travail


15 août 2011

Pueblo Nuevo, le village d’à côté.

Au centre d'agroforesterie de Wawaashang, il n'y a pas beaucoup de
chose à faire. Pourtant depuis l'arrivée de Fadcanic dans la région et
le développement du centre de formation et de compétence en
agroforesterie, la communauté de Pueblo Nuevo qui ne comptait que
quelques maisons il y a une quinzaine d'année s'est particulièrement
développée. Elle forme actuellement le village de Pueblo Nuevo situé à
environ 1km du Centre de Wawashang. Pour transporter les travailleurs,
le petit bateau de Fadcanic effectue chaque jour plusieurs
allers-retours (matin, midi et soir). Un chemin existe, mais il n'est
pas toujours praticable selon les précipitations.
Pueblo Nuevo, situé au bord du rio Wawashang à 20 km de la lagune est
un village d'environ 150 maisons. Au Nicaragua, les populations
rurales se comptent au nombre de maisons qu'elles contiennent. En
considérant que dans chaque maison vivent entre 5 et 7 personnes,
Pueblo Nuevo a une population d'environ 1'000 habitants. Le village ne
possède ni voiture, ni transport en commun, on se déplace à pied ou à
cheval. Les parkings locaux sont d'ailleurs très originaux. Des
chemins en béton ont été construits ; ils officient comme rues. Dans
la rue centrale, on trouve une école, des magasins, quelques bars,
deux églises et aussi des habitations.
L'évolution du village dépend fortement des activités économiques et
des catastrophes naturelles. En effet, lors du dernier ouragan IDA en
2009, une grande partie des maisons ont été détruites. Le commerce
s'effectue pendant les wknd. Les campesiños reviennent de leurs fermes
pour vendre leurs produits et faire leurs achats. Généralement, ils
profitent également pour boire quelques verres.
Les ressources principales de Pueblo Nuevo sont le bois et les
cultures de palmes, de cocos et de bananes. Un problème de la région
est l'exploitation abusive de la forêt tropicale primaire, contenant
un écosystème typique de la région et des espèces rares (et de ce fait
économiquement intéressantes). Une grande partie de cette forêt est
actuellement de deuxième génération, voire de troisième, et sa
diversité n'est pas très variée. Les nouvelles plantations de cocos,
de palmes et de bananiers se réalisent sur brulis, c'est-à-dire après
avoir incendié la forêt tropicale humide. Ce problème écologique
diminue la fertilité des sols et augmente les possibilités d'érosion
du sol engendrant d'autres problèmes (diversité biologique, stabilité
des terres, habitats faunistiques,...). A noter que dans la région, il
pleut 3x plus qu'en Suisse (jusqu'à 4.5m/année). Les défis
environnementaux aux abords de Pueblo Nuevo sont nombreux.
Au niveau des services communautaires, l'eau potable courante n'existe
pas. Pour s'approvisionner, il faut compter sur son propre puits.
Quelques puits communautaires ont été construits. Pour
l'assainissement, il n'y a aucun aménagement. Les principaux bâtiments
comme l'école ou les églises possèdent des fosses septiques qui ne
sont jamais vidées. L'électricité courante est distribuée grâce au
fonctionnement d'une génératrice. Le combustible y est
particulièrement cher puisqu'il vient de Laguna de Perlas à 50km ou
même Bluefields à 100km.
Pour l'instant, je n'ai pas encore vu la mairie, ni l'organisation du
système de santé ; par contre la police oui ! Il semblerait que Pueblo
Nuevo est un village plutôt dangereux en soirée le wknd. Éloigné des
autres villes, les règlements de compte se font de manière anarchique,
normalement après quelques verres. Les investigations des forces de
l'ordre restent souvent sans résultats.
Le 14 septembre, c'est la fête nationale qui commémore l'indépendance
du Nicaragua vis-à-vis de la mère patrie espagnole. Depuis quelques
semaines, il y a tous les jours des répétitions pour le cortège
qu'effectueront, au son rythmé des tambours, les élèves de l'école.
Ils se baladeront dans les rues étroites du village. Le spectacle
s'annonce particulièrement plutôt bruyant, mais intéressant !
Je me réjouis de vivre les prochaines particularités que me réservera
ce village.

7 août 2011

Traitement de l’eau potable

Le 2e mois à Wawashang commence avec du travail bien concret. Avec Pascal, nous passons 3 jours à élaborer et construire une extension au système de traitement de l’eau potable. En effet, le centre de Wawashang possède un puits d’où est soutirée l’eau qui est bu par tout le monde. Il y a également d’autres puits pour l’eau d’irrigation et pour l’eau de lavage en plus des réserves d’eau de pluie.
Le centre souhaite vendre de l’eau de son puits principal aux communautés alentours. Pour cela une chaine de traitement a été installée (filtre, charbon actif, ultra-violet). Le seul problème c’est que le système de chloration ne fonctionne plus. Nous avons donc installé un réservoir d’1m3 à côté du réservoir existant de 2,5m3 pour les eaux de boissons et de cuisson. Nous avons complété le système de traitement afin de pouvoir chlorer l’eau et remplir les bombonnes d’eau potable de 5 galons (~18litres) sans utiliser la pompe du puits. Nous avons percé le mur du local de traitement, couper et assembler les tubes PVC (comme des lego) et fait les essais de pression et de qualité. Il s’avère que tout fonctionne, youhou ! Pour les tests de qualité, il faudra encore la confirmation d’un laboratoire de Bluefields, mais tout semble en ordre.
Il est fort agréable de pouvoir enfin faire du concret ici à Wawashang. Cela n’est pas fini, car il y a encore pleins de possibilité d’améliorer des éléments liés à l’eau (eau d’irrigation, évacuation et traitement des eaux usées, canalisation des eaux de pluies,…).